De la causalité esprit-matière...

Bonjour et bienvenue sur ce blog

Si vous refusez comme moi la nécessité scientifique d'un monde absurde ;

Si vous n'acceptez pas que le hasard soit considéré comme une cause agissante ;

Si vous tentez d'imaginer que notre monde (non restreint à l'univers observable) est causal mais que vous tenez aussi à votre libre-arbitre ;

Si vous n’aimez pas faire intervenir de façon trop triviale un Dieu à la volonté insondable pour expliquer ce qui vous échappe ;

Si ce que je vous dis ici vous parle ;

Alors soyez les bienvenus :

nous sommes sur la même longueur d'onde pour tenter d'imaginer, ensemble, autre chose réconciliant ce que nous proposent la science et la religion d'aujourd'hui dans leur opposition manichéenne.


Patrice Weisz

16- Les 4 attitudes


Dieu existe-il ? ou pas ?

Dieu existe.
Dieu n'existe-pas.
Dieu ne peut pas exister
Dieu n'existe pas, il est !
"Dieu ? Je n'ai pas besoin de cette hypothèse.."
Il y a forcément un grand horloger dont la mécanique merveilleuse du monde est la création.
Tout effet ayant une cause antérieure, il existe forcément une cause première, la cause première de toute chose est Dieu.
Si Dieu n'était qu'une idée, il existerait un être parfait supérieur à Dieu, qui serait Lui à la fois en idée et en réalité, or Dieu est parfait, donc il ne peut être que cet Être là.
Dieu c'est Tout. Dieu est Amour. Dieu est le Verbe. Dieu est Un.
Dieu est au commencement et à la fin de toute chose. Etc..

Pas facile de parler de Dieu ! Concept tellement universel qu'il en perd en signification.

Il y a 4 façons d'aborder la question de Dieu d'un façon "rationnelle". Il y a 4 attitudes possibles :

1ere attitude : La possibilité de l'existence de Dieu

Quand j'affirme que Dieu existe, j'énonce une vérité subjective : personne ne peut me contredire mais je ne peux le prouver à personne. C'est peut-être la foi qui me fait dire cela, c'est peut-être des signes que j'ai remarqué, c'est peut-être la lecture des textes sacrés.
Cette attitude est une attitude religieuse.
Affirmer, c'est évoquer une possibilité, ce n'est en aucun cas parler d'une nécessité. C'est peut-être pour celui qui affirme une évidence , mais pas pour celui qui ne croit que ce qu'il voit. C'est affirmer sans démontrer, sans preuve extérieure tangible. C'est dire j'ai raison mais être dans l'impossibilité matérielle de le faire partager.

2e attitude : La possibilité de l'inexistence de Dieu
"Dieu ? Je n'ai pas besoin de cette hypothèse"
C'est l'attitude scientifique actuelle. Elle consiste à bâtir une cosmologie sans parler de Dieu. A tenter d'expliquer tout par le hasard et la nécessité des lois de la physique.
Une création spontanée de l'univers dans un grand big-bang à partir d'un vide quantique énergétique. Une auto-organisation de la matière, résultat des forces et de la transformation d'énergie. Une négation de la conscience comme étant simplement un épiphénomène abstrait de la matière complexe, sans causalité physique. Une cosmologie moderne dans laquelle il est honteux de se poser la question sans perdre en crédibilité.
Mais peut-on parler de cosmologie sans traiter en profondeur cette question, en la reléguant au domaine de la métaphysique pour s'en débarrasser. Alors que l'on propose une explication du Grand Tout ? Dieu est le Diable de la science, celui dont on ne parle jamais, celui qu'on évite.
3e attitude : L'impossibilité de l'existence de Dieu
Cette attitude est l'attitude des athées critiques. C'est celle qui consiste à essayer de retourner les arguments religieux contre ceux des croyants. C'est :
Si Dieu existait alors il n'y aurait ni guerre, ni torture, ni massacre d'enfants, ni injustice. C'est dire que si Dieu existait alors le monde serait autrement. C'est trouver dans l'holocauste la remise en question de celui qui est supposé être Amour et Celui de tous les hommes. C'est une attitude fondée sur la logique d'une morale divine. C'est finalement celle qui alimente le plus la rhétorique religieuse.
C'est l'attitude contre laquelle le monde religieux à réponse à toutes les objections :
Les voix du Seigneur sont impénétrables. Le pêché originel, etc...

Comment la finitude de l'homme peut elle prétendre comprendre le dessein de l'Infini ?
C'est l'attitude de la rhétorique sur la rhétorique.

4e attitude : l'impossibilité de l'inexistence de Dieu
C'est la mienne ! C'est l'attitude consistant à essayer de montrer que le modèle cosmologique de la science a de petites failles. Que ces failles sont "l'arbre qui cache la forêt".
C'est l'attitude de celui qui croit en la science, les mathématiques, la physique, qui essaie d'avoir un discours rationnel. C'est l'attitude consistant à chercher des preuves partageables de la spiritualité.
Des preuves irréfutables scientifiquement, donc observables et renouvelables.

Il s'avère que ce chemin est ingrat mais pas impossible.
C'est pour moi le seul possible aujourd'hui sans faire de la rhétorique stérile.
C'est le chemin consistant à essayer de voir le monde autrement, en essayant la réconciliation des extrêmes, de la science et de la religion.
Mais cela suppose que les scientifiques perdent leur vision classique du monde. Cela demande de sacrifier la causalité matérielle et de reconnaitre l'irréductible nature de la conscience.
Cela demande aussi de sacrifier la vision classique du Dieu monothéiste des religions révélées. D'imaginer ce nouveau Dieu comme une conscience universelle en devenir, comme l'esprit du corps qu'est l'univers en évolution.
Mon travail ne fait que commencer, certains ont déjà exploré cette voie, mais d'une façon trop ésotérique à mon gout.
Je fais le pari d'une nouvelle cosmologie nécessairement esprit-matière.
Mais il faut le prouver.

J'aborde dans ce blog les failles identifiées, les briques pour reconstruire cette nouvelle vision :

La réalité de la conscience
La finalité de la volonté
La remise en cause nécessaire du principe de causalité
La vision spatio-temporelle des représentations humaines
La fin du déterminisme logique
La fin du hasard causal
L'existence d'une réalité au-delà du monde des phénomènes
La spatialisation du temps
La preuve mathématique de l'impossibilité d'un ADN auto-organisé
La nécessité d'une causalité extérieure, cause des causalités apparentes.
La réalité extérieure de la superforce tant cherchée par les physiciens.

Ces briques sont insuffisantes pour fonder une nouvelle cosmologie dualiste, mais commencent à en définir les contours. Toutes ces briques sont reliées de façon non triviale.
En chemin, je caresse l'espoir de rencontrer d'autres cordes à mettre à mon arc.
Dans cette démarche métaphysico-scientifique, je rencontrais d'autres pièces du puzzle.
Pour l'instant je ne sais pas exactement qu'elle sera l'image finale.
Je l'ai appelé la méta-conscience de l'univers à priori, une sorte de conscience universelle constituée de milliards de consciences imbriquée et d'esprits diffus.
Qui donne sa forme à l'univers matériel, au monde vivant en devenir.

Dont la seule finalité est un état stable de plénitude et d'harmonie.
Je vois cette spiritualité présente partout, des grains de sables aux étoiles, laissant son empreinte dans l'évolution du monde vivant et dans la géométrie insaisissable de l'univers.
C'est l'énergie vitale de la matière. C'est aussi le bois dont est fait la conscience.

C'est la conscience des consciences, dont la conscience humaine peut prendre conscience et dont elle fait partie.
J'ai tout dit et je n'ai rien dit mais je ne peux en dire plus car il faut que je démontre et non que j'affirme.

Patrice Weisz

4 commentaires:

Anonyme a dit…

Très intéressant, moi-même étant chrétien je respecte tout à fait les avis des gens qui ne le sont pas, qu'ils déterminent de façon franche et nette sans autre idée l'impossibilité de son existance ou alors d'une éventuelle hypothèse de présence divine. J'ai vraiment accroché à votre article, très réfléchi sur le sujet, pas comme certains qui posent directement les choses sans avoir véritablement analysé la chose.
Merci =)

Patrice Weisz a dit…

Merci pour votre commentaire.

Votre attitude d'ouverture est toute à votre honneur. De nos jours, dans le monde occidental, les plus dogmatiques sont souvent les scientifiques. Les temps changent !

Nicolas a dit…

Anciennement athée et nouveau chrétien, j'aime beaucoup votre façon d'analyser la question "Dieu?" dans sa globalité sans prendre partie.

La démarche philosophique reste claire et ne part pas dans un enchaînement de causalités qui amènent l'auteur à arriver là où il voulait.

Je reste convaincu que l'homme ne peut et ne doit pas tenter de tout expliquer avec ou sans dieu dans le raisonnement de base:
Certaines choses nous dépassent forcément et s'obliger à les expliquer c'est prendre le risque d'admettre des hypothèses comme valides.

Encore bravo pour votre article.

Patrice Weisz a dit…

Merci Nicolas pour vos remarques.
Comment le fini peut-il prétendre à comprendre l'infini ? Comment penser le monde autrement qu'infini, donc nécessairement avec des zones hors d'atteinte pour notre entendement ?
Je suis d'accord sur le fait que l'homme ne peut tout expliquer,bien que je pense qu'il soit souhaitable qu'il tente de le faire. Ne serait-ce que pour mieux se connaitre en rencontrant ses propres limites.