De la causalité esprit-matière...

Bonjour et bienvenue sur ce blog

Si vous refusez comme moi la nécessité scientifique d'un monde absurde ;

Si vous n'acceptez pas que le hasard soit considéré comme une cause agissante ;

Si vous tentez d'imaginer que notre monde (non restreint à l'univers observable) est causal mais que vous tenez aussi à votre libre-arbitre ;

Si vous n’aimez pas faire intervenir de façon trop triviale un Dieu à la volonté insondable pour expliquer ce qui vous échappe ;

Si ce que je vous dis ici vous parle ;

Alors soyez les bienvenus :

nous sommes sur la même longueur d'onde pour tenter d'imaginer, ensemble, autre chose réconciliant ce que nous proposent la science et la religion d'aujourd'hui dans leur opposition manichéenne.


Patrice Weisz

41 - L'inévitable Vie

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Adam et Eve de Lucas Cranach
La panspermie, évolution ou création ?
Dans les années 50, un certain Monsieur Stanley Miller réalisa plusieurs expériences de laboratoire pour tenter de recréer les composants essentiels à la vie : les acides aminés.
En mettant dans une bouteille en verre une préparation composée d'ammoniaque, de méthane, d'hydrogène et de vapeur d'eau, qu'il voulait identique à la composition de l'océan primitif de la terre, telle qu'elle était il y a 3 milliards d'années, et en bombardant d'éclairs électriques simulant les terribles orages régnant à l'époque des origines, puis en laissant bouillir ce mélange gazeux à 100°C pendant une semaine, il réussit à recréer quelques briques entrant dans la composition de tous les organismes vivants.
41- acideanime_thumb[2]
Il montra ainsi que quelques acides aminés (3 sur 20) pouvaient avoir vu le jour, uniquement à partir de la composition des éléments peuplant la terre à ces époques reculées.
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Cette découverte renforça bien évidemment la thèse que la vie aurait pu apparaître sur terre "par hasard" grâce à la conjonction heureuse de la présence simultanée de plusieurs éléments.
Il s'agit de la thèse évolutionniste.


Stanley Miller
Hélas cette expérience a été très critiquée depuis, et même Miller a fini par se rendre à l'évidence que les conditions qu'il avait retenu pour simuler l'ère primordiale n'étaient pas réalistes. Et que, en changeant ces conditions, il devait paradoxalement retenir comme composition un nouveau mélange destructeur pour l'apparition éventuelle d'acides aminés.
De plus les acides obtenus lors des premières expériences, que l'on appelle "droitiers" ne sont pas ceux que l'on trouve dans la nature : ils sont incapables de fonctionner dans la composition des organismes vivants.
Depuis ces expériences ont été abandonnées malgré quelques tentatives infructueuses mais aussi plus réalistes en 1998.
Les scientifiques n'ont pas encore trouvé la recette de la vie en laboratoire et sont apparemment très loin de l'approcher : la vie parait d'un complexité inabordable par quelques simulations.
Prenez un ensemble de petites pièces d'horlogerie, mettez-les dans une boite, agitez-la boite pendant très longtemps, (le temps que vous voulez) puis ouvrez-la : il y a peu de chances que vous soyez en face d'une pendule parfaitement montée et prête à donner l'heure !
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Horloge astronomique de Besançon, composé de 30.000 pièces mécaniques
Les évolutionnistes  pensent qu'il s'agit simplement d'une question de temps : une fois que toutes les conditions sont réunies, la nature pratique des milliards de tentatives durant des millions d'années jusqu'à ce qu'il y en ait une de durable, dont la pérennité survivra aux autres et pourra ainsi se répandre par la sélection naturelle.
Si l'on revient à l'exemple de la boite, les évolutionnistes ont une croyance :
dans un durée de temps très longue, tout arrive, et donc le remontage spontané de l'horloge peut arriver.
On pourrait tout à fait mettre dans cette boîte un œuf cassé et espérer qu'il se recolle au bout d'un moment, "par "hasard"...
Cette croyance s'explique par le raisonnement sur le hasard :
- le monde évoluant globalement du moins probable vers le plus probable, tomber sur une structure vivante " par hasard" est très improbable, mais non nulle puisque nous sommes là.
Et dans un intervalle de temps très long, ce qui n'a qu'une très petite probabilité d'apparaitre survient malgré tout.
C'est la définition même des probabilités : si un évènement a une chance sur un millions d'apparaitre, sur un million de tentatives il devrait apparaitre une fois, donc sur un milliard de tentatives, il est certain qu'il doivent nécessairement apparaitre au moins une fois ce qui n'est pas très contraignant, puisqu'il devrait en moyenne apparaitre mille fois.
L'une des rares lois auquel réponde le hasard est la loi des grands nombres :
Sur un nombre suffisamment grand de tirages, le rapport entre le tirage moyen d'un nombre et le nombre total de tirages correspond à sa probabilité.
41-grand nombres_thumb[2]
En termes plus accessibles, sur 900 tirages des chiffres 1 à 9, si leur probabilité de sortie est identique (1 chance sur 9) alors la moyenne des sortie sera de 100 par chiffre.
Dans la réalité, ce résultat se confirme de façon étonnante.
On obtient des valeurs comme 102, 98, mais pas 1 ni 500. En statistiques, notamment pour les sondages, on sait précisément fixer le nombre de tirages ou d'échantillons à retenir pour que le résultat obtenu soit fidèle à une précision donnée, par exemple à plus de 95%.
Si l'on joue à pile ou face, rien n'empêche en théorie de tirer 500 fois de suite Pile, mais en pratique cela n'arrive jamais (les plus grandes suites continues répertoriées ne dépassent pas quelques dizaines). Seuls quelques casinos ont eu la chance de voir des séries consécutives de rouge ou de noir de plus de quinze, ce qui reste très faible.
Les probabilité répondent à des règles arithmétiques qui sont des règles abstraites dans lesquelles le temps n'intervient pas.
Si je construis, en collant à la suite la série des 900 chiffres successifs de notre exemple de tirage, pour ne constituer qu'un seul grand nombre, et si je compte alors le nombre de 0,1 ,etc.. qu'il contient, j'obtiendrais strictement par construction la même valeur que mes résultats de tirage.
Dans ce cas, on voit bien qu'il y aura autant des uns que des autres, car cela provient du système même de la base 10 dans laquelle on compte.
En effet dans ce système, il y a autant de 1 entre 10 et 19 que de 2 entre 20 et 29 (soit 11 ; 10 pour les nombres 20 à 29 plus un pour le nombre 22 dans lequel deux 2 se suivent).
Il n'y a pas de relation de chronologie entre les nombres, simplement une relation d'ordre croissant (on les classe du plus petit au plus grand).
La succession des nombres ne suit donc pas un ordre temporel mais un ordre croissant.
Pour notre exemple précédent, pour trouver de façon certaine la suite "11" (ou "22") dans notre chaîne de chiffres, il faut prendre le nombre constitué de l'assemblage de tous les groupes de deux chiffres possibles, soit 100 groupes (de 00 à 99) donc un nombre de 200 chiffres :
N="00010203040506070809101112131415161718192021222324252627282930313233343536373839404142434445464748495051525354555657585960616263646566676869707172737475767778798081828384858687888990919293949596979899"
soit environ 10200, plus grand que le nombre de particules dans notre univers observable (1080).
La probabilité que 1 sorte deux fois de suite est de 1/10 x 1/10 soit 1/100, c'est pour cela qu'il y a 100 groupes dénombrés.
L'arithmétique peut définir des nombres de taille gigantesque sans problème car ils n'ont aucune réalité physique, ni spatiale ni temporelle.
Les nombres sont des constructions imaginaires et n'ont pas besoin de pouvoir être écrit pour exister.
Par contre quand ces nombres servent à modéliser notre monde, il faut s'en méfier, car le monde a des contraintes physiques, de taillle, de nombre, d'âge que les espaces mathématiques n'intègrent pas.
La loi des grands nombres est donc d'une certaine façon une sorte de conséquence interne de la logique arithmétique de constructions des nombres, mais peut difficilement être un argument pour justifier un quelconque darwinisme possible des premiers balbutiements de la vie sur Terre.
On voit effectivement plus haut que l'on manipule des nombres devant lesquels le nombre de secondes s'étant écoulées depuis le Big-Bang reste totalement dérisoire.
La durée définie par l'âge de l'univers est très faible pour justifier tout résultat basé sur une explosion combinatoire d'essais aléatoires successifs.
On peut réduire ce temps en imaginant une explosion combinatoire à la fois dans le temps et dans l'espace, mais cela ne change rien comme j'ai pu le montrer dans le chapitre sur l'ADN, car les ordres de grandeur ne sont toujours pas les mêmes.
Il y a là une inconsistance des durées que les matérialistes et les partisans du darwinisme primitif doivent justifier.
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C'est en effet, le point d'achoppement sur lequel bute l'évolutionnisme en ne se basant que sur le hasard aveugle pour justifier l'avènement de la vie.
Une astuce consiste alors à dire que la vie s'est développée sur une autre planète et serait venu inséminer notre Terre. Cette théorie, la panspermie, est loin d'être fantaisiste, d'autant plus que depuis que l'on arrive technologiquement à mettre des télescopes directement dans l'espace, il ne se passe pas une journée sans qu'un astronome annonce la découverte d'une exo-planète. Ces exo-planètes sont situées en dehors de notre système solaire, et donc tournent autour d'autres étoiles que notre soleil, mais paraissent aussi banales que ne le sont notre Terre et notre Soleil.
Parallèlement à cette recherche, on examine également les conditions de vie possible sur ces planètes lointaines en fonction de certaines caractéristiques comme la température, la masse, le rayon de leur orbite, la composition de leur atmosphère éventuelle, etc. pour trouver de bonnes candidates, en se servant de la notre comme étalon (mais il y a peut-être mieux...).
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La molécule interstellaire de propylène :
Cette molécule a été découverte dans l'espace en dehors de notre système solaire, dans le nuage sombre de TMC-1, par une équipe hispano-franco-allemande de l'observatoire de Paris.
Sa composition est CH2CHcH3 et possède donc 3 atomes de carbone, on la trouve en proportion abondante dans ce nuage dense qui s'avère très riche en longues chaines carbonées.
Le propylène est un produit chimique organique, il est le plus simple des hydro-carbures et s'utilise en industrie chimique.
Mais sans aller jusqu'à imaginer d'y trouver des civilisations extra-terrestres, ou des petits hommes verts, le fait que certains atomes, comme le carbone, source de toute vie connue, puisse s'y être formé et puisse en être sorti simplement soit au cours de catastrophes planétaires (chocs avec de gigantesques astéroides) ayant fait s'envoler dans l'espace cette poussière de vie, soit en ayant été transporté dans la glace formant les comètes croisant notre système solaire, est un élément très crédible pour justifier cette origine extra-terrestre de la vie sur Terre.

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La comète de Halley : elle est venue en 1986 et reviendra en 2061
Néanmoins, la panspermie ne résoud pas le problème de l'inconsistance des durées, à moins de l'extrapoler à tout l'univers infini.
Effectivement, si l'âge de l'univers parait trop faible pour qu'il ait pu abriter sur une seule planète tous les essais nécessaires à expliquer la découverte par hasard de la vie, lorsque que l'on considère ces tentatives effectuées en même temps sur des milliards de milliards de planètes dissiminées dans tout l'univers, et en admettant que l'ordre de ces tentatives n'intervienne pas, en admettant également que les flux d'échanges de matière soient suffisants et aient été causalement possibles sur ces distances intergalactiques, alors l'avènement de la vie est possible par panspermie aléatoire.
Car on peut postuler que l'infini spatial de l'univers permet d'y voir se passer, ça et là, tous les cas de figures à tester dans un temps record !
A partir de là que penser alors du phénomène de balbutiement de la vie, à l'échelle de l'univers et en des milliards d'endroits à la fois ?
Peut-on encore dire que c'est un évènement hasardeux car hautement improbable ?
Ou plutôt en constatant qu'il en devient banal, à l'échelle de l'univers, ne doit-on pas en déduire qu'il est inscrit dans l'ordre des choses ?
Que la vie apparait alors comme inévitable et n'a pas surgit spontanément, mais est plutôt issue d'un long processus d'organisation globale de l'univers, comme les étoiles. Nous voyons des étoiles partout, donc nous pouvons en déduire que la naissance des étoiles est inscrite dans l'évolution de l'univers, sans évoquer ni hasard ni miracle.
La vie apparait aussi comme inscrite dans l'auto-organisation de la matière, et donc n'a rien ni de hasardeux, ni de miraculeux, mais correspond à une évolution normale de l'univers.
Cela ressemble à une thèse créationniste qui reste alors la plus facile à argumenter et la plus logique.
Si la vie est inscrite dans les lois de la nature, c'est donc qu'elles contiennent un principe créateur.
Mais dans la version "faible" qui est exposée ici, il ne s'agit pas d'une genèse biblique mais bien d'un processus physique d'organisation, guidé par les lois de la nature.
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La Genèse ?
Le principe créateur à l'origine de la vie n'est pas un  principe de création spontanée, mais un principe d'évolution progressive, de structuration "économe" du monde, l'amenant du vide à la conscience en vertu du principe de moindre action.

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Le crâne de Toumai aurait 7 millions d'années.(Tchad)

1 commentaire:

hyper atheisme a dit…

La panspermie n'explique pas comment les acides aminés se sont formées. Et comment ces acides aminées s'organisent-ils pour donner la vie ? (cellules, ADN...)