De la causalité esprit-matière...

Bonjour et bienvenue sur ce blog

Si vous refusez comme moi la nécessité scientifique d'un monde absurde ;

Si vous n'acceptez pas que le hasard soit considéré comme une cause agissante ;

Si vous tentez d'imaginer que notre monde (non restreint à l'univers observable) est causal mais que vous tenez aussi à votre libre-arbitre ;

Si vous n’aimez pas faire intervenir de façon trop triviale un Dieu à la volonté insondable pour expliquer ce qui vous échappe ;

Si ce que je vous dis ici vous parle ;

Alors soyez les bienvenus :

nous sommes sur la même longueur d'onde pour tenter d'imaginer, ensemble, autre chose réconciliant ce que nous proposent la science et la religion d'aujourd'hui dans leur opposition manichéenne.


Patrice Weisz

34- Philosophie de la matière

34- geopoliticus1
La fin de la philosophie de l'esprit
Après de nombreuses discussions sur le blog très instructif de François Loth :
http://francoisloth.wordpress.com/
Je me suis rendu compte que les philosophes de l'esprit d'aujourd'hui sont quasiment tous matérialistes et que les théories dualistes ne sont pas très prises au sérieux, car beaucoup moins attractives que les nouvelles théories computationnelles nées avec l'informatique. L'école américaine en étant le fer de lance avec des auteurs comme Daniel Dennett, David Putnam et autre Marvin Minsky sans oublier mon préféré Douglas Hofstadter. Parallèlement à ces auteurs , le Jeu de la Vie de J.H.Conway et les travaux de A. Turing sur sa fameuse machine, donnent l'apparence de démystifier l'avènement de la vie, mais aussi le fonctionnement du cerveau. La fascination pour les ordinateurs qui jouent aux échecs, résolvent des problèmes mathématiques ou assistent les experts médicaux dans leurs diagnostics amènent la plupart des scientifiques et une grande partie des philosophes modernes à réduire le cerveau à une machine de traitement symbolique.
La machine de traitement symbolique parait actuellement être ainsi le modèle le mieux adapté pour tenter de modéliser le cerveau. Le cerveau manipulerait alors des symboles formels vides de sens dont les mots du langage ("Je", "Voiture", etc.) en formeraient une partie ; une autre étant les images mémorisées reliées à des perceptions extérieures ( l'image de la voiture, etc..).
Curieusement, tout en comparant le cerveau à un ordinateur, pratiquement aucun de ces auteurs ne peut se résoudre à imaginer que les ordinateurs penseront un jour.
Mais si le fonctionnement du cerveau est comparable à celui d'un ordinateur il n'y a alors que deux choix possibles :
Notre cerveau "matériel" nous donne l'illusion d'être responsable de nos pensées en traduisant certaines de nos actions dans notre langue naturelle (1)
Notre cerveau génère une conscience "réelle" car son architecture matérielle a dépassé le niveau de complexité relationnelle nécessaire (2).
Examinons ces deux visions matérialistes :
1) On ne pense pas mais on a l'illusion de penser et donc l'existence de nos idées seraient  "une vue de l'esprit" si je puis dire. Les idées ne seraient alors que des symboles décrivant des processus neuronaux permettant grâce au langage de les nommer, tout comme les instructions d'un langage informatique décrivent des processus électroniques de plus bas niveau, sans qu'il n'existe de différences de nature autres que descriptives entre eux. Les instructions d'un langage informatique permettent en peu de mots de lancer des processus regroupant des millions d'étapes constituées par des instructions (opérations en binaire) du microprocesseur. Mais malgré le fait que le programme soit le soft (le logiciel) et commande le hard (le matériel), les mots contenus dans la syntaxe du langage informatique ne sont pas plus que l'ensemble énorme de successions d'opérations basiques qu'ils désignent. Rien n'émerge ni ne se crée quand on change de niveau d'approche. Le changement de niveau facilite le travail du programmeur, mais il y a identité totale entre les deux strates de codification. Les mots du langage de programmation
(exemple de programme : PrintScreen "Hello World !")
ne servent qu'à plus facilement désigner de façon résumée la longue suite d'instructions fastidieuses à mémoriser destinée au microprocesseur. De plus en introduisant un niveau d'abstraction supplémentaire, cela permet de se rapprocher de la syntaxe d'un langage naturel synthétique (en général l'anglais) au lieu d'utiliser la symbolique quelque peu hermétique et développée du langage machine.
Cette analogie tentante de l'ordinateur et du cerveau se traduit sur le plan neuronal de la façon suivante :
Au niveau bas il y a les milliards de neurones qui s'échangent de gigantesques quantités d'informations ; au niveau haut un langage appris (par exemple le français) permettant l'assemblage de phrases. La distinction essentielle néanmoins réside dans le fait que dans le premier cas, celui de l'ordinateur, il y a un informaticien programmeur qui décide d'un déroulement d'instructions en fonction d'un objectif précis; et une fois son travail accompli, le programme est lancé et ordonnance les micro-instructions nécessaires.
Par contre si l'on maintient cette analogie dans le cas du cerveau, il n'est pas aisé de définir qui est le programmeur...
Donc il parait assez logique, quand on est matérialiste, d'imaginer que l'assemblage syntaxique des phrases du langage dont sont forméees nos pensées soit lui-même aussi généré par l'activité neuronale. Donc les pensées ne peuvent précéder les processus neuronaux, mais leurs sont alors concommittentes ou postérieures.
Il y aurait alors des processus neurologiques qui s'exécuteraient de façon déterminés par des stimulis électriques intérieurs ou  provenant de l'extérieur et une certaine configuration du réseau qui engendrerait une réponse induite par cet état. Et il y aurait nécessairement d'autres processus en parallèle qui se chargeraient de traduire les premiers en entités syntaxiques de façon à assembler les phrases formant les pensées. Ce qui forme la conscience (la succession des pensées dans un langage appris donné) seraient alors des processus de bas niveau codifiant d'autres processus de bas niveau et permettant ainsi de les décrire. La causalité ainsi induite de l'esprit sur la matière (je lève mon bras) serait alors celle d'un processus physique (la volonté) sur un autre processus physique (l'action musculaire) décrit dans un langage par un troisième processus physique (la codification syntaxique de la pensée). Mais la pensée ne pourrait donc agir en tant que telle car elle serait elle-même le reflet passif d'une action physique.
Le cerveau serait alors une sorte d'ordinateur élaboré, générant au fur et à mesure de son action le programme écrit en langage naturel décrivant ce qu'il fait. Mais doté ou pas de système neurologique de transcription élaboré, il génèrerait une action (un comportement) de toute façon en réponse à ses stimulis. L'apprentissage du langage, nécessaire à la formulation des pensées, ne ferait que rajouter des processus de codification à haut niveau de ce qui se déroule au bas niveau, donnant l'illusion de les commander, mais n'étant qu'un épiphénomène passif.
De plus tous ses "processus" neurologiques ne seraient pas transcrits en langage naturel, et resteraient inconscients, principalement pour ne pas surcharger notre conscience d'un afflux excessif et trop rapide de descriptions répétitives du type "je respire" puis 10 secondes après "je respire" à nouveau, pendant que "je fais un pas" ; "je réfléchis à ma liste de courses", etc..Laissant la conscience se concentrer sur l'essentiel ; celle-ci étant de toute façon très lente, quasiment au rythme du langage oral.
La position matérialiste ici décrite empêche de pouvoir dissocier les pensées des processus physiques les portant et retire ainsi toute causalité possible à l'esprit, le ramenant alors à une activité descriptive. Seul les processus neurologiques (donc physiques) peuvent être causaux et engendrer un changement dans le monde, une action.
Cela se traduit donc par la perte totale de libre-arbitre ou d'autonomie des pensées. Les neurones répondant parfaitement aux déterminismes physiques découlant des informations qu'ils reçoivent engendreraient alors des pensées dont la succession seraient prédéterminées physiquement. Cette vision mécaniste laisse le sentiment désagréable d'être un robot dont le comportement (les outputs) sont directement liés à ses inputs et à son état à l'instant t comme dans les représentations mathématiques des automates cellulaires.
Le fonctionnement du cerveau pourrait alors se modéliser mathématiquement à l'instar de tout processus physique.
2) L'acte de penser est réel et ajoute quelque chose de tangible au fonctionnement des circuits neuronaux, mais alors dans ce cas il n'y a aucun empêchement à imaginer qu'un jour les ordinateurs puissent penser. Le passage à la pensée serait l'avènement du dépassement d'un certain seuil critique de complexité. En d'autres termes le jour où les ordinateurs seront aussi élaborés que le cerveau humain, alors ils penseront aussi. La grande complexité de systèmes de matière (neurones, condensateurs électroniques, interactions de l'écosystème, etc..)pourrait alors engendrer une conscience et les ordinateurs deviendront autonomes et intelligents à l'instar de toute autre système micro ou macroscopique d'éléments de matière d'un niveau de complexité relationnellle équivalent.
L'un des problèmes que cela pose, c'est justement le passage du non pensant au pensant, sous prétexte que le seuil de complexité est dépassé. En quoi l'augmentation parallèle d'un nombre d'éléments constitutifs et de leurs relations peut générer spontanément quelque chose de différent ? Cela fait penser aux vieilles théories de la génération spontanée de la vie (les vers qui apparaissent miraculeusement dans le fromage, etc..). Et ce quelque chose de différent, c'est-à-dire la conscience ainsi créée, est-il de nature autre que la matière ou reste-il encore de la matière ? Si nos pensées ne sont plus de la matière, alors le principe de la clôture causale n'est-il pas rompu ? En d'autres termes les interactions matérielles peuvent-elles engendrer autre chose que ce qu'elles sont, à l'image du courant électrique passant dans une bobine qui génère une force magnétique induite ? Il parait hasardeux de postuler qu'un haut niveau d'interaction matérielle engendre une autre substance dont seraient faites nos pensées et que l'on pourrait désigner par substance spirituelle. Ce point de vue ne peut être partagé par aucun matérialiste.
Réciproquement, si alors nos interactions neuronales n'engendrent pas une substance différente, alors nos pensées restent des processus matériels et la conscience une illusion, soumise aux mêmes déterminismes physiques que nos neurones et donc ne connaissent pas la liberté de penser. Le fait de franchir le seuil de complexité n'apporte rien de plus si ce n'est la capacité a transcrire de façon syntaxique dans un langage naturel des actions déjà décidées par le jeux de la nécessité des lois de la physique auxquelles tout système de matière est soumis. Et ce n'est pas en ajoutant "le hasard insondable" à cette "nécessité incontournable" que l'on peut plus défendre la liberté de penser, l'un des constituants nécessaires à distinguer notre condition d'être-humain par rapport à la condition d'être-machine d'un robot.
Mais apparemment aucun des "philosophes matérialistes de l'esprit" ne se résoud non plus à accepter de comparer l'homme à une machine.
Car à nouveau cela ne laisse pas de place à la liberté ou à la volonté. Mais la matière est régit par les lois de la physique, ce qui fait que de façon incontournable l'ordonnancement des pensées aussi suivrait la chaîne de causalité physique faisant évoluer le réseau des neurones en fonction de son état actuel et de ses caractéristiques. On voit bien là une sorte d'impasse.
Et pour en sortir différentes théories spéculatives voient le jour.
En résumé,  le débat actuel consiste à imaginer comment l'esprit peut interagir sur la matière et posséder des contenus sémantiques sans être d'une substance différente.
Pour tenter d'y arriver, un certain consensus se dégage, par exemple pour postuler :
une clôture causale incontournable (seule la matière peut agir sur la matière)
Un monisme matérialiste impératif ( la seule substance de l'univers est la matière)
Personne ne peut prouver à autrui qu'il pense ( donc les pensées ne sont pas des faits scientifiques), ce qui amène à des jeux  de l'esprit du type : comme être sûr que je ne sois pas le seul qui ressente des pensées ? Et si tous les autres étaient des zombies (sortes d'automates évolués mais écervelés) ?
L'externalisation des contenus sémantiques 
deux personnes strictement identiques (les clônes) peuvent avoir des pensées différentes dans la mesure où la sémantique d'une idée n'est pas contenue dans le cerveau de chacun mais indexe un contenu externe (le signifié) qui peut varier.
Le postulat de la clôture causale provient des équations fondamentales de la dynamique : si un esprit non matériel pouvait bouger mon bras, alors il y aurait sur le plan de l'univers matériel création d'énergie, car l'énergie nécessaire à lever mon bras ne viendrait pas d'un processus physique antérieur. Or il y a toujours conservation d'énergie même quand il y a création de mouvement. Donc le mouvement de mon bras est la résultante d'un transfert énergétique (le travail d'une force) et donc d'un processus matériel. Dans le contexte d'un monisme matérialiste, un esprit non matériel ne peut en conséquence actionner quelque chose de matériel. Du coup, l'esprit ne peut exister qu'autrement que de façon purement formel, syntaxique. Il n'est qu'un assemblage de mots sans action possible et vide de tout contenu. Il n'a alors aucune existence possible en dehors des processus matériels le codifiant. Les idées sont des symboles formels en attente d'interprétation. Et comme nous avons appris un langage, nous leur donnons un sens en les interprêtant, c'est-à-dire en associant un signifié, une sémantique à leurs constructions purement syntaxiques. Ce signifié est une relation désignant un contenu externe ou déjà mémorisé, dont l'origine est inévitablement par construction d'ordre perceptif. Le mot "voiture" est soit associé à l'image de la voiture se trouvant devant moi, soit à celle de la voiture dont je me souvient et qui a faillt m'écraser il y a quelques temps. Les mots se retrouvont donc être des symboles, construits les uns par rapports aux autres et dont les plus simples, ceux du 1er ordre, désignent des stimulis, ceux des ordres supérieurs d'abstraction étant construits par rapport à ceux du niveau en-dessous. Le symbole central et de plus haut niveau, qui permet de réunitarisé l'ensemble des processus sous-jacents, étant celui du "Je".
"Je" est donc un symbole dont la sémantique associée est l'intégration par sommation de tous les sens des autres symboles servant à le construire et dont certains désignent des "autrui" extérieurs.
La conscience de soi devient ainsi la capacité à pouvoir associer une sémantique au symbole "je" par un jeu de définitions en cascades de symboles d'ordre inférieur. Il faut d'ailleurs remarquer qu'un symbole similaire le "me" (moi en anglais) est déjà utilisé depuis plusieurs années en informatique, notamment dans les langages orientés objet et désigne soit le programme, soit une partie de celui-ci (un objet) en train de s'exécuter. Pour autant aussi élaborés que soient les nouveaux langages de programmation dont la syntaxe arbitraire est de plus en plus anthropomorphique si je puis dire, aucune personne à ce jour n'imagine que le programme qui s'appelle lui-même "moi" recouvre une réalité de pensées ou possède une quelconque conscience qui émergerait spontanément du choix des mots formant sa syntaxe.
Donc le point de vue matérialiste est dans l'incapacité de restituer une quelconque explication convaincante au phénomènre de la pensée et aboutit nécessairement à la négation de la conscience (et pourtant "je" pense de façon indéniable) ou une impossibilité d'agir de la pensée.
Par contre, dans une vision dualiste du cosmos, l'esprit et la matière sont intimement liés. La matière n'est que la face visible (phénoménale) d'une réalité spirituelle inaccessible aux sens. Il n'y a plus dans ce cas contradiction avec le principe de conservation de l'énergie si cher aux physiciens, car quand la matière agit, c'est en fait l'esprit qui agit et ainsi l'action de l'esprit sur la matière est la seule action possible.
La position dualiste originale que je défend ici , affirme que la matière n'agit pas sur la matière, mais qu'en chaque instant, c'est l'esprit qui agit sur la matière. Quand l'esprit humain croit déceler une relation de causalité entre une cause matérielle et son effet matériel postérieur, relation décrite nécessairement par le déterminisme des lois de la physique, alors il ne fait que modéliser une cause élargie d'ordre spirituel agissant simultanément sur deux phénomènes successifs.
Il n'est pas aisé de décrire comment une cause réelle, mais hors du temps, engendre deux phénomènes, qui n'en sont qu'un, perçus par l'homme comme "causaux" et successifs.
Tentons une fois de plus une approche géométrique de la relation entre la substance "esprit" et notre espace-temps fondant la seule existence reconnue scientifiquement, celle de la substance "matière" :
Nous découvrons la réalité phénoménale qui nous entoure à la vitesse d'écoulement continue de notre temps relatif. Mais en fait celle-ci n'est qu'une fenêtre à 4 dimensions (espace et temps) se déplaçant sur une hyper-forme pluri-dimensionnelle déjà là. La causalité n'est que l'expression de la continuité (au sens mathématique) de la surface de cette hyper-forme dans laquelle notre espace-temps découpe une intersection perceptible (les phénomènes matériels). Et le non-causal, l'imprévu, n'est que l'effet d'une discontinuité (au sens mathématique) de cette hyper-forme dûe à une rupture ou à un mouvement non complètement contenu dans l'espace-temps. L'esprit est la façon de nommer la partie de cette hyper-forme hors de l'espace-temps, et la matière, la partie qui s'y trouve. Toutes les formes "réelles" sont des hyper-formes d'une densité de dimensions infinie (car la notion de dimensions n'existe pas hors de l'entendement humain) et donc ont un "côté" fait d'esprit et l'autre de matière. Le cerveau est un point de liaison entre le phénoménal matériel que son entendement perçoit extérieurement en distances d'espace et de temps et le monde réel a-dimensionnel non contraint physiquement dans lequel celui-ci peut agir mais qu'intérieurement. Cela n'est pas propre au cerveau mais est la réalité constitutive du grand monde et est donc partagé par tous les systèmes quels qu'ils soient. J'y reviendrais.
Du coup, quand notre volonté décide de lever notre bras, ce sont les processus physiques supportant nos pensées qui transmettent l'énergie nécessaire aux muscles, mais c'est l'esprit qui en fait commande la matière. L'esprit bien que non palpable a une action concrête dans l'évolution du monde. Ma volonté a un sens est agit réellement sur le monde physique. Le libre-arbitre est possible. Mais à toute modification de pensée correspond de façon parfaitement "bijective" une modification matérielle, un chamgement d'état neuronal. L'esprit n'a aucune autonomie par rapport à la matière et réciproquement car ils sont comme le pile et le face d'une même pièce. Les changements d'états neuronaux suivent l'ordonnancement imposé par la causalité et les lois de la physique, qui ne sont en fait que la traduction mathématique du fonctionnement même de la réalité spirituelle.
Les deux substances sont une seule et même entité, la matière étant la partie "visible" immergée dans l'espace-temps et l'esprit celle sans dimension ni étendue, mais conduisant l'évolution du monde. L'esprit et la matière sont les Ying et les Yang formant l'univers au-delà de ses limites spatio-temporelle.
Les lois de la physique sont donc les lois de fonctionnement de l'esprit. Les lois de la physique sont invariantes dans l'espace et le temps, car l'esprit est en dehors de l'espace-temps. La vision dualiste ne fait qu'améliorer la vision matérialiste tout en préservant les acquis scientifiques existants ou à venir.
Le principal argument contre le dualisme est celui de la simplicité. Pourquoi introduire une 2e substance (l'esprit) quand une seule suffit (la matière) ?
Cet argument n'a aucune valeur, car il s'avère plus complexe voir impossible de tenter d'expliquer le fonctionnement du cerveau (ou de l'univers) avec une seule substance plutôt que 2 qui résolvent ensemble bien des questions actuelles.
La philosophie de l'esprit moderne, en adoptant le point de vue matérialiste, s'est retirée elle-même toute consistance et a basculé dans le plus pur physicalisme. La philosophie de l'esprit a tué l'esprit au profit de la matière cédant au chant des sirènes de la science moderne. Elle s'est elle-même privée de son objet et s'effacera progressivement devant les avancées du réductionnisme scientifique le plus pur, ne contribuant plus à la réflexion critique nécessaire du matérialisme roi.
En conséquence elle bute, tout comme la science matérialiste, sur les mêmes questions laissées sans réponse possible, car tournant en rond dans l'incomplétude d'un système de pensée "Gödélien" auquel il manque l'axiome de départ, incontournable pour en lever l'indécidabilité.
Patrice Weisz

5 commentaires:

Anonyme a dit…

Bonjour
Serait il possible de dégager une notion "D'esprit fécondant la matière" ?

Par exemple dans les phénomènes
D'"apparition" de la force nucléaire dans un univers destiné à une expension uniforme

"apparition" de la force gravitationelle

"Apparition" de la vie

"Apparition" de la sexualité

"Apparition du néocortex"

"Apparition" de l'écriture, qui fut souvent nommée parole de dieu.

Différents états de l'esprit, qui se manifeste de manière fécondante dans la matière, la matière étant en état d'en prendre conscience.

C'est une piste que je suis "pifométriquement" à travers ma simple vie et que je me permet de vous proposer.

Paul

Patrice Weisz a dit…

Et si l'esprit et la matière ne faisaient qu'un mais que nous ne pouvions percevoir que la matière?

Et si c'était l'esprit qui donnait sa forme à la matière et qui l'organisait ?

Et si tout était déjà mis en forme mais ne se laissait voir qu'à la
vitesse où s'écoule notre temps, nous laissant néanmoins le choix du
chemin à prendre ?

L'univers a eu besoin du coup de pouce d'une force extérieure pour
prendre forme, et cette force est nécessairement toujours là, partout.
Notre conscience en est l'une des plus belles des manifestations.

Anonyme a dit…

Tentative de réponses

Et si l'esprit et la matière ne faisaient qu'un mais que nous ne pouvions percevoir que la matière?
Le simple fait que l’être humain ait un jour écrit le mot « métaphysique » indique qu’il à goûté à l’ »arbre de la connaissance », qu’il a une perception innée de sa dualité. Ce pêché originel, cette séparation, cette « chute de l’Adam » , crée un vide que les religions qu’elles soient déistes ou matérialistes tentent de combler avec les dégâts que l’on connaît. La matière peut donc percevoir autre chose que la matière, et cela lui donne le vertige.
Quand retrouvera-t-elle ses esprits ?


Et si c'était l'esprit qui donnait sa forme à la matière et qui l'organisait ?

Les »apparitions » que je décrivais dans mon précédent commentaire sont pour moi des rencontres entre Esprit et matière. Pour qu’une rencontre se produise, il faut au préalable une séparation. La séparation originelle est pour moi ce que la science nomme big bang, (dans notre univers observable). Séparation entre le manifesté et le non manifesté que vous nommez ici Esprit.

Et si tout était déjà mis en forme mais ne se laissait voir qu'à la
vitesse où s'écoule notre temps, nous laissant néanmoins le choix du
chemin à prendre ?
Le temps ? Il me semble qu’il n’y a que des horloges qui s’inscrivent sur un temps immobile. L’être humain à en effet la possibilité de choisir dans quel temps il s’inscrit. A ma connaissance il a souvent fait le choix d’un temps infernal.

L'univers a eu besoin du coup de pouce d'une force extérieure pour
prendre forme, et cette force est nécessairement toujours là, partout.
Notre conscience en est l'une des plus belles des manifestations.

Le jeu entre Esprit et Matière est le jeu de l’amour.
Un petit enfant se balançant sur une toile universelle…

Paul

loic le meur poesie existentialisme ontologie a dit…

il existe un champ sur lesquel peu de philosophes se hasardent, c'est la notion de "temps"
toutes nos constructions ou extrapolations mentales tiennent - elles la route lorsque l'on tente de mesurer ce qu'est le temps : simple phénomène lié a la gravitation ou inversement?, la matière ne nait elle pas du temps qui déforme l'espace et le concentre en certains points d'un espace hypotétique...

Patrice Weisz a dit…

réponse à loic :
je me suis un peu essayer à définir le temps dans le thème 14 : la subjectivité du temps.
Ce qui caractérise le temps :
sa relativité, le fait que cela soit une dimension spatialisable (la 4e)le fait qu'il possède nécessairement un début, le fait qu'il ne se "voit" pas mais se mesure, son rapport à la vitesse de la lumière, sa discontinuité "plankienne", sa relation à l'espace, le fait qu'il n'existe pas en soi mais en tant que rapport ordonnant les phénomènes, le fait qu'il est certainement une modalité de notre rapport au monde.
Voilà en résumé ce qui me parait important d'en dire.